La rue Elie-Fréron

 

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Dével ou Themer en des temps ancestraux, cette rue s’appela ensuite Royale, Nationale ou Impériale avant d’adopter définitivement, en 1911, le nom de rue Elie-Fréron.
Elie Fréron naît en 1718, au numéro 10 de la rue Obscure. C’est le quinzième enfant d’un maître orfèvre quimpérois. Une plaque de faïence signale sa maison natale.

Écrivain et critique littéraire, il inspire fielleusement Voltaire : « L’autre jour, au fond d’un vallon, un serpent piqua Jean Fréron. Que pensez-vous qu’il arriva ? Ce fut le serpent qui creva. »

La rue Obscure est alors peu avenante, l’étroitesse de la chaussée confine l’endroit dans une obscurité journalière. Madame de Pompery s’y installe peu après son mariage et évoquera ce « quartier affreux ». La rue s’étirant jusqu’à la tour de la Tourbie, est un axe d’entrée important de la cité.

Les accidents de diligence sont fréquents, leur chargement trop en hauteur accrochent les encorbellements. Certains évoquent même le « Palais royal de la gueuserie » ou une cour des miracles quimpéroise. L’artère jalonnée de débits de boissons est, par endroits, sordide.

L’ingénieur Goury constate en 1824 :

La rue Obscure n’est pas seulement un passage incommode ; s’y ajoute le défaut d’issus que représentent toutes ces habitations et l’entassement des individus dans les cases obscures, dont une seule renferme jusqu’à 23 ménages, la plupart sans cheminée, ces misérables allumant leur feu sur une patelle de pierre au milieu de leur réduit, ne peut-on pas dire que cet état des choses est une calamité permanente dans la ville de Quimper….
S’en suivront, en 1827, des travaux d’élargissement de la rue.

Autre personnalité ayant habité là, Guy Autret (XVIIe siècle) que l’on considère aujourd’hui comme le père de la généalogie en Bretagne. Marion du Faouët fut enfermée dans la prison royale alors à l’angle de la rue Verdelet. Elle y vit ces dernières heures avant d’être, dans la même journée, passée à la torture, condamnée et pendue place Saint–Corentin le 2 août 1755.